Culture et loisirs, Économie

Artesane, un succès jusqu’au bout des fils !

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Depuis 2015, Artesane propose des cours vidéo pour se former à distance à la couture, la broderie, les arts graphiques ou encore le modélisme. Sur son site, Instagram ou Facebook, vous pouvez suivre les conseils de professeurs passionnés, spécialistes dans leur domaine.

Informations annexes au site

Rencontre avec la fondatrice d'Artesane : Anne-Sarah Ballu-Samuel

Une passion et un échec sont à l’origine d’Artesane. Une passion, celle de la couture qui naît pendant les études d’Anne-Sarah qui prépare alors les concours aux grandes écoles de commerce. “Je travaillais peut-être 65 heures par semaine. Mais j’avais besoin de respirer. Je me suis formée en regardant des vidéos sur internet. Je devais faire 20 heures de couture par semaine.” 

Anne-Sarah étudie le droit des affaires et la gestion à HEC et débute une carrière dans le droit des affaires qui ne la passionne pas. La jeune femme décide donc de se lancer un nouveau défi, l’ENA. Ce sera un échec, aux oraux du concours, devant un jury composé d’énarques et d’universitaires. “J’ai échoué mais pendant le grand oral, j’ai eu un déclic. Les examinateurs ont posé beaucoup de question sur ma passion de la couture et ils m’ont fait comprendre que j’avais toutes les armes pour monter ma société et vivre ma passion à fond.”

Quelques mois plus tard, Anne-Sarah lance “Artesane” et plaque tout pour suivre un rêve fou. “Mon mari m’a soutenue. Je me souviens, j’ai réalisé un premier appel de fond et deux jours plus tard, j’accouchais de mon premier enfant. Nous voulions tout mener de front.”

 

Alban Creative Audiovisual, le partenaire de toujours

C’est aussi à cette période qu’Anne-Sarah rencontre Alban Guillien, par l’intermédiaire de l’incubateur HEC. Journaliste et réalisateur de formation, Alban est le fondateur d’Alban Creative Audiovisual qui deviendra le partenaire indéfectible d’Artesane. “Je me souviens du premier cours test que nous avons réalisé chez mes parents : “coudre comme une pro”. Alban est un entrepreneur dans l’âme, il propose, il a en permanence de nouvelles idées.” Derrière la caméra, Alban et ses équipes s’activent pour mettre en forme les cours d’Artesane. C’est en novembre 2015 que l’aventure se lance véritablement, avec le premier site internet et les premiers élèves. Artesane se veut être “une école” totalement en ligne, une volonté de la créatrice. “Je voulais proposer une plateforme, avec du contenu payant, des cours de grande qualité, accessibles à tous, qui se démarqueraient des éternels tuto YouTube”.

 

Artesane : coudre comme une pro

Artesane c’est quoi ?

« Artesane c’est féminin, j’aimais bien la sonorité. C’est un mélange entre le mot art et Artisan, ça me plaît. » Très rapidement l’équipe grandit autour d’Anne-Sarah avec l’arrivée dès le début de l’aventure de Marie-Gabrielle Berland, illustratrice, graphiste et passionnée de couture. « Elle est arrivée pour créer le logo et elle n’est jamais repartie. C’est l’une des belles rencontres de cette histoire ».

Le credo d’Artesane, se démarquer des autres, en proposant des cours de couture qui respectent un certain savoir-faire français. L’idée : vulgariser pour être accessible à tous mais tout en gardant une fibre artistique forte. Les cours sont dispensés par plusieurs professeurs qui ont des parcours et des spécialités différentes. « Avec l’ensemble de l’équipe, nous proposons des cours de couture, de broderie, de modélisme… L’idée c’est de s’intéresser à tout, par exemple nous avons réalisé un cours de broderie or, c’est très pointu et technique et pourtant il a bien fonctionné auprès de nos élèves. » 

Instagram, Facebook, Pinterest, les réseaux sociaux sont au cœur du fonctionnement d’Artesane et permettent une interactivité entre professeurs et élèves, une action « indispensable » pour la fondatrice d’Artesane. « C’est hyper important pour nous. Nous pouvons ainsi donner les thématiques de nos cours en avance, discuter avec nos élèves de leurs envies, donner des conseils… »

Les masterclass en direct permettent notamment ces échanges. Les cours sont filmés, enregistrés et montés par les équipes d’Alban et proposés ensuite sur le site d’Artesane, contre rémunération. Certains d’entre eux sont gratuits et donnent une première impression de la qualité des contenus. Pour chaque module, un extrait est disponible ainsi qu’une fiche descriptive afin d’aiguiller le plus précisément possible les futurs élèves. Les cours sont répartis par matières (couture, broderie, arts de laîne…)  et catégorisés par niveaux (débutant, intermédiaire et avancé).

La boutique propose les promotions du moment, permet aux intéressés de s’offrir des coffrets clés en main ou encore les cahiers Artesane. Les coffrets, livrés directement chez soi, contiennent tous les éléments pour créer son propre maillot de bain, son pantalon ou apprendre à dessiner des animaux. « Les cahiers Artesane, c’est entre un magazine et un livre trimestriel. Dedans, nous partageons notre passion, nos conseils, des cours, des envies, il y a à chaque fois un patron offert. Le premier est né pendant le confinement. »

     

    Un effet confinement

    En mars dernier, avant le début du confinement, Artesane comptait environ 40 000 élèves réguliers en quatre ans d’existence. Six mois plus tard, leur nombre a plus que doublé, avec plus de 90 000 utilisateurs. Autre constat, les ventes de machines à coudre ont explosé pendant le confinement et la tendance se poursuit depuis. Selon les estimations des experts, le marché devrait bondir de 30 à 40% cette année.

    «Il y a clairement eu un engouement pour la couture pendant le confinement. Le développement d’Artesane s’est accéléré de façon extraordinaire. Cet été, nous avons acquis des nouveaux locaux à Vanves, tout en gardant ceux à Paris et nous avons recruté plusieurs personnes… » 

    Premier impact de cet accroissement d’activité, la difficulté de suivre une demande de plus en plus forte ou encore d’enregistrer, dans des délais raisonnables, les nouveaux cours avec des professeurs qui viennent parfois de l’autre bout de la France. « C’est difficile pour nous d’absorber cette nouvelle croissance, la crise sanitaire complique tout. Nous avons du mal à suivre le rythme avec les coffrets par exemple car les livraisons ne suivent pas. »

    L’arrivée à Vanves et les évolutions

    Pour faciliter cette évolution, la décision est prise rapidement d’intégrer de nouveaux locaux plus spacieux pour accueillir les nouveaux arrivants et regrouper les équipes d’Artesane et d’Alban Creative Audiovisual.

    « Nous avons choisi Vanves notamment pour sa proximité avec Paris et surtout pour son côté ville familiale. Avec l’accroissement d’activité, il était essentiel de nous regrouper. Trois personnes de l’équipe d’Alban travaillent en permanence dans les locaux et le studio d’enregistrement est installé dans l’openspace. »

    Anne-Sarah Ballu-Samuel

    Les anciens locaux parisien du 6ème arrondissement, eux, sont gardés pour organiser des cours physiques. « C’est une évolution importante. C’est l’étape d’après pour continuer à créer du lien avec nos élèves. Avec le temps nous connaissons beaucoup d’entre eux. » Parmi les projets, une refonte du site internet en 2021, avec des modifications structurelles. Il devra notamment permettre le téléchargement des cours achetés afin d’y avoir accès ensuite. L'avenir passera aussi par un anniversaire : les cinq ans d’existence pour Artesane. Une longévité qui laisse à penser que le pari fou démarré en 2015 est bel est bien remporté. 

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